L’accession du Burundi à la présidence de l’Union africaine ouvre une nouvelle page pour le pays. Elle est représentée bien plus qu’un honneur protocolaire. C’est une fenêtre stratégique pour affirmer son rôle dans la transformation numérique du continent. En particulier le secteur des télécommunications peut devenir un levier de développement, de cohésion et de rayonnement régional. C’est une occasion, en or, pour le Burundi de consolider ses bases institutionnelles en renforçant ses cadres réglementaires et juridiques en matière des télécommunications et de protection des données via cette instance d’influence continentale exceptionnelle. La seule condition préalable à l’attraction des investisseurs et la confiance des citoyens est une gouvernance claire et crédible. L’Union africaine des télécommunications, institution spécialisée en télécommunications de l’Union africaine aura besoin de nouvelles orientations stratégiques pour rendre encore plus efficaces ses missions.
En usant de son influence au plus haut niveau, le Burundi peut se concentrer dans le renforcement de ses infrastructures notamment ses réseaux de fibres optiques, l’extension de sa couverture mobile et la modernisation de ses équipements. Sa présidence de cette organisation continentale offre une visibilité accrue pour mobiliser des partenariats publics-privés et des financements internationaux. Le Burundi sera en position de force pour développer ses services numériques inclusifs. Son opportunité est tellement idéale pour promouvoir des services accessibles à tous notamment le mobile money, e-santé ; e-education et des plateformes à participation citoyenne.
En outre, le pays peut se positionner comme un catalyseur régional en mettant en avant ses initiatives qui le transforment en hub de bonnes pratiques en Afrique centrale et orientale. En effet, cette présidence lui permet par exemple de fédérer les Etats autour des projets communs, comme l’interconnexion transfrontalière ou l’harmonisation des normes. Le Burundi peut anticiper les défis liés à la cybercriminalité, la régulation des plateformes numériques, l’adaptation aux innovations (IA, 5G et IoT) qui sont des chantiers que le Burundi peut apporter à travers l’organisation des débats prospectifs au sein de l’Union africaine pour préparer ses pays membres aux mutations technologiques.
Je l’avais déjà souligné au début de mon commentaire, la présidence du Burundi à l’Union africaine ne se limite pas à un rôle protocolaire. Elle s’affirme plutôt comme une tribune unique pour transformer les télécommunications en moteur de croissance inclusive et de rayonnement régional. Si cette opportunité est bien exploitée, le pays pourra inscrire son nom parmi les acteurs de modernisation numérique africaine.