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Exclusivité˃ Garantir les voix des femmes, des jeunes et des ruraux : l’héritage du forum de Bujumbura

Michel Tchonang Linze

En bref ::::: In a nutshell

Le forum international organisé à Bujumbura a marqué un tournant concret dans la gouvernance de l’internet en Afrique centrale. Il a été démontré que l’inclusion des femmes, fondée sur la compétence et le leadership est le pilier essentiel dans la gouvernance de l’Internet. La connectivité rurale a été mise en avant et l’accès à Internet ne doit plus être considéré comme un privilège urbain mais comme un droit fondamental pour chaque citoyenne, chaque jeune et chaque agriculteur. L’interview rappelle également l’importance d’une voix commune et stratégique au sein de la CEEAC qui renforce la cohésion régionale. Michel Tchonang Linze décrit ce forum comme un véritable moment de vérité pour la sous-région, où inclusion et partenariats stratégiques deviennent les mesures du succès.

Depuis Barcelone, où il participe au Mobile World Congrès, le coordonnateur du Forum international sur la gouvernance de l’Internet en Afrique centrale, Michel Tchonang Linze s’est confié à TIC-Actualité sur les retombées du forum international consacré à la gouvernance de l’internet tenu à Bujumbura. Au téléphone, il souligne l’importance d’avoir garanti la voix des femmes, des jeunes et des communautés rurales dans les débats, tout en mettant en avant les partenariats stratégiques noués à cette occasion. Pour lui, les mesures du succès de ce forum se lisent autant dans l’élargissement des alliances que dans l’impact concret sur l’inclusion numérique. Suivez l’intégralité de son interview du mardi 3 mars 2026 au micro de Nathan Ntahondi.

TIC-Actualités : Monsieur Michel Tchonang Linze, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs de TIC-Actualités, s’il vous plaît ?

Michel Tchonang Linze : Avec plaisir, Monsieur le journaliste. Je réponds au nom de Michel Tchonang Linze. Camerounais, Je suis l’un des acteurs de la gouvernance de l’Internet et du développement numérique en Afrique et dans le monde. Je suis stratège du numérique et l’artisan du dialogue multipartite. En ma qualité de Coordonnateur général du Consortium d’appui aux actions pour la promotion et le développement de l’Afrique (CAPDA), organisation de la société civile basée au Cameroun, je pilote des initiatives structurantes visant à faire des technologies de l’information et de la communication un levier de développement durable.

TIC-Actualités : Monsieur Michel Tchonang Linze, le FGI Afrique Centrale a organisé, en date du 16 au 21 février 2026, au Burundi, un Forum sur la gouvernance de l’Internet en Afrique Centrale zone CEEAC. Quel impact concret espérez-vous que ce forum ait sur la gouvernance numérique de la région, notamment en ce qui concerne l’inclusion des femmes et la connectivité rurale ?

Michel Tchonang Linze : Je vous remercie pour l’opportunité que vous m’offrez de dire un mot sur l’événement sur lequel les lampions s’éteignent.  Le FGI de Bujumbura n’a pas été une rencontre protocolaire de plus. Il a constitué un véritable tournant opérationnel pour l’Afrique Centrale, en inscrivant la gouvernance de l’Internet dans une dynamique d’action, de coordination et d’impact mesurable pour notre sous-région.

L’impact concret que porte le forum de Bujumbura s’articule autour de trois piliers stratégiques structurants :

Inclusion des femmes fondée sur la compétence et le leadership

L’inclusion ne peut plus demeurer un principe déclaratif. L’implication des femmes doit devenir une réalité institutionnelle et structurelle. À l’issue de ce Forum, notre ambition dépasse l’accès des femmes aux outils numériques : il s’agit d’assurer leur présence effective aux spaces de décision.

L’impact attendu est la consolidation d’un réseau régional de femmes expertes en gouvernance de l’Internet au sein de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) par le biais du FGI Femmes Afrique Centrale (FGI national pour les pays), capable d’influencer les politiques publiques en matière de cybersécurité, d’économie numérique et d’innovation technologique.

Nous avons posé les bases d’un mécanisme de mentorat transfrontalier et intergénérationnel qui permettra à la femme de la sous-région de devenir une actrice stratégique de la souveraineté numérique régionale. C’est un investissement politique et humain à long terme.

Connectivité rurale : transformer le « désert numérique » en territoire d’opportunités

La fracture territoriale demeure l’un des défis majeurs de notre espace communautaire. Notre approche a été pragmatique et orientée vers des solutions concrètes : promotion des réseaux communautaires, optimisation des fonds de service universel et encouragement de partenariats public-privé ciblés.

L’impact direct attendu est l’accélération de projets pilotes de connectivité du « dernier kilomètre », afin que l’agriculteur en zone rurale, l’entrepreneur local ou l’étudiant éloigné des centres urbains puissent accéder aux mêmes plateformes de services publics numériques, aux marchés en ligne et aux opportunités économiques que ceux des grandes capitales.

C’est à ce niveau que se joue la véritable intégration sous-régionale : une intégration qui relie nos territoires, renforce la productivité locale et consolide la cohésion économique.

Voix commune et stratégique au sein de la CEEAC

L’impact le plus structurant demeure l’harmonisation des positions. En réunissant les parties prenantes à Bujumbura, nous avons consolidé une convergence régionale sur les enjeux de gouvernance numérique.

Le Forum a permis de réaffirmer que la gouvernance de l’Internet n’est pas un débat technique isolé, mais un levier stratégique de développement économique, de stabilité et d’influence diplomatique.

Nous sortons de cet événement avec une feuille de route claire pour porter une voix cohérente et crédible de l’Afrique Centrale dans les instances internationales, notamment au sein du Forum sur la Gouvernance de l’Internet (FGI mondial), de l’Union internationale des télécommunications (UIT) de l’AFRINIC et de l’ICANN.

En définitive, l’esprit de Bujumbura 2025 décalé repose sur une conviction simple et stratégique : la souveraineté numérique de l’Afrique Centrale sera inclusive, territorialisée et concertée ou elle ne sera pas.

Un Internet qui ne laisse personne de côté, ni les femmes, ni les jeunes, ni nos communautés rurales est la condition d’un développement durable, d’une intégration régionale effective et d’une présence affirmée de notre sous-région sur l’échiquier numérique mondial. Bujumbura a jeté les bases en faveur d’une féminisation des métiers du numérique.

TIC-Actualités : Comment avez-vous garanti que les voix des femmes, des jeunes et des communautés rurales soient réellement entendues et prises en compte dans les débats et recommandations ?

Michel Tchonang Linze : Au sein du Forum sur la Gouvernance de l’Internet en Afrique Centrale, l’inclusion ne relève ni d’un affichage, ni d’un indicateur statistique. Elle constitue le fondement même de notre légitimité politique et institutionnelle. Garantir que nul ne soit laissé en marge de la transformation numérique suppose une action structurée, cohérente et résolument stratégique. C’est dans cet esprit que nous avons activé trois leviers majeurs.

Institutionnalisation de la parité

Nous avons fait le choix d’une représentativité exigeante et assumée dans la structuration de la semaine du numérique. Les femmes n’étaient pas uniquement présentes dans l’audience ; elles ont présidé des sessions, animé des débats techniques de haut niveau sur l’intelligence artificielle et la cybersécurité, et contribué à l’orientation stratégique des recommandations le premier jour. Notre démarche ne consiste pas à parler au nom des femmes, mais à créer les conditions pour qu’elles participent pleinement à la définition de l’agenda numérique sous-régional.

Mentorat intergénérationnel structuré


A travers des initiatives telles que la Central Africa School of Internet Governance (CASIG), nous avons intégré les jeunes comme acteurs à part entière du processus. En plus des panels dédiés totalement à la jeunesse et animé par eux-mêmes, les jeunes ont également assumé des responsabilités concrètes, notamment comme rapporteurs des sessions thématiques, assurant ainsi que leurs analyses sur l’innovation, l’économie des plateformes et la transformation numérique irriguent directement les conclusions transmises aux décideurs de la CEEAC. Il ne s’agit pas d’une participation symbolique ou figurative, mais d’une co-construction assumée des orientations stratégiques.

Rupture de l’isolement rural par l’innovation communautaire


Nous avons accordé une attention particulière aux réseaux communautaires et aux initiatives locales de connectivité. En invitant des organisations (ISOC, AFRINIC…) qui encadrent les porteurs de projets ayant déployer l’Internet dans des zones délaissées par les modèles classiques, nous avons ancré nos débats dans les réalités du terrain. Les enjeux liés au “dernier kilomètre”, à la viabilité économique et à la gouvernance locale des infrastructures ont nourri notre plaidoyer en faveur d’une souveraineté numérique véritablement inclusive et adaptée aux contextes africains.

En définitive, nous avons voulu faire de ce Forum un laboratoire d’intelligence collective et de responsabilité partagée. Les contributions des jeunes, des femmes et des communautés rurales ont façonné la “Déclaration de Bujumbura”, récemment adoptée.

Notre réussite ne se mesure pas uniquement à l’ampleur de la participation, mais à la qualité, à la diversité et à la convergence des solutions que nous avons su porter au service d’une Afrique Centrale numérique, souveraine et inclusive.

TIC-Actualités : Au cours de vos échanges, quelles barrières majeures ont été mises en lumière concernant l’accès des femmes et des populations rurales à l’Internet, et quelles solutions ont été émergées ?

Michel Tchonang Linze : Le forum de Bujumbura a constitué un véritable moment de vérité pour notre sous-région. Au-delà des constats, nos échanges ont permis d’identifier des barrières systémiques à l’inclusion numérique, mais surtout de mettre en avant des solutions opérationnelles, ancrées dans l’innovation communautaire et la responsabilité publique. »

Pour une large partie des populations rurales, le prix du gigaoctet demeure disproportionné au regard du revenu moyen. À cela s’ajoute l’insuffisance du déploiement de la fibre optique dans le « dernier kilomètre », gardant de nombreuses localités dans un véritable désert numérique. Cette inégalité territoriale alimente une fracture économique et sociale durable.

L’accès technique, à lui seul, ne garantit pas l’inclusion. Pour les femmes en particulier, le manque de formation aux compétences numériques de base et avancées, combiné à des stéréotypes socioculturels persistants, freine leur pleine participation à l’économie numérique. La question n’est donc pas uniquement celle de la connectivité, mais celle de la capacité d’appropriation.

Dans plusieurs zones rurales, l’Internet est encore perçu comme un outil exogène, éloigné des réalités quotidiennes. L’insuffisance de contenus en langues locales et de services numériques adaptés aux besoins agricoles, artisanaux ou commerciaux réduit son attractivité et son impact socio-économique.

Il devient stratégique de ne plus dépendre exclusivement des grands opérateurs. L’appui institutionnel et réglementaire aux infrastructures locales, gérées par les communautés elles-mêmes, permet de réduire les coûts, d’améliorer la résilience des réseaux et de renforcer la souveraineté des données. Ces modèles démontrent que l’innovation peut émerger des territoires.

Nous appelons les Etats membres de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale à inscrire formellement l’e-inclusion dans leurs stratégies nationales de transformation numérique. Cela suppose l’intégration de mécanismes contraignants : quotas de participation féminine, programmes certifiant de formation, financement ciblé pour les entrepreneures numériques et indicateurs de suivi mesurables.

La réduction des taxes sur les équipements terminaux, le partage d’infrastructures passives et actives entre opérateurs, ainsi que l’utilisation plus efficace des fonds de service universel constituent des leviers immédiats pour faire baisser les coûts finaux et accélérer le désenclavement des zones rurales.

L’accès à Internet ne doit plus être perçu comme un privilège urbain, mais comme un droit fondamental pour chaque citoyenne, chaque jeune et chaque agriculteur d’Afrique Centrale. L’esprit du FGI est clair : passer d’un Internet de simple consommation à un Internet de production locale, de création de valeur et de souveraineté. Tel est l’engagement porté par la Déclaration de Bujumbura : faire de l’inclusion numérique non pas un slogan, mais un pilier structurant de notre développement régional.

TIC-Actualités : Y aurait-il des partenariats stratégiques, qu’ils soient publics, privés ou internationaux, qui ont été initiés ou consolidés durant ce forum pour soutenir la mise en œuvre des résolutions ?

Michel Tchonang Linze : Absolument. Le Forum de Bujumbura ne s’est pas limité à un cadre d’échanges ; il a constitué un véritable catalyseur de synergies opérationnelles pour l’Afrique Centrale. Nous avons franchi une étape stratégique, en évoluant d’une logique de concertation vers une dynamique structurée de co-construction et d’engagements concrets.

Sur le plan sous régional et international, nous avons renforcé nos partenariats avec des institutions de référence telles que CEEAC, Paradigm Initiative, ICANN, Internet Society, et AFRINIC. Ces collaborations dépassent désormais le cadre d’un appui ponctuel : elles traduisent des engagements opérationnels en faveur du renforcement des capacités techniques locales, notamment dans la sécurisation du DNS et l’accélération de la transition vers l’IPv6, deux leviers essentiels pour consolider la résilience numérique et la souveraineté technologique de notre sous-région.

Au niveau public-privé, le Forum a ouvert un dialogue structurant avec les principaux opérateurs de télécommunications et fournisseurs de services cloud actifs en Afrique Centrale. L’ambition est claire et partagée : bâtir une infrastructure de données souveraine, sécurisée et interopérable. Les bases d’un cadre collaboratif ont été posées afin que le projet de Data Center Régional cesse d’être une perspective lointaine et devienne une infrastructure mutualisée, économiquement viable et stratégiquement alignée sur les priorités de nos États.

Je tiens également à saluer l’engagement renouvelé de la CEEAC ainsi que l’appui technique et stratégique de l’UA/GIZ, l’appui sans faille du gouvernement de la république du Burundi. Leur accompagnement est déterminant pour favoriser l’harmonisation de nos politiques numériques nationales et garantir une cohérence régionale dans la mise en œuvre des réformes.

En définitive, ces partenariats constituent l’ossature de la “Feuille de route de Bujumbura”. Ils traduisent une volonté politique affirmée : faire en sorte que les résolutions adoptées ne demeurent pas déclaratives, mais deviennent de véritables instruments de transformation, de compétitivité et de prospérité partagée pour nos entrepreneurs, nos chercheurs et l’ensemble des citoyens d’Afrique Centrale.

TIC-Actualités : Quelles mesures concrètes seront mises en place pour assurer le suivi des engagements pris pour transformer ce forum en véritable catalyseur de changement durable ?

Michel Tchonang Linze : Le succès d’un Forum ne se mesure pas à l’éloquence de ses discours, mais à la rigueur de son exécution et à l’impact durable de ses résolutions. Pour faire des engagements de Bujumbura de véritables catalyseurs de transformation structurelle en Afrique Centrale, nous activons dès aujourd’hui trois leviers stratégiques, complémentaires et opérationnels.

1. Institutionnaliser le suivi et la redevabilité

Nous ne nous limiterons pas à la production d’un rapport de conférence. Nous procédons à l’activation effective du Comité de Suivi Technique (CST), composé de représentants de la société civile, du secteur privé, des régulateurs, des parlementaires et des gouvernements de la sous-région.

Ce Comité aura pour mandat de traduire chaque recommandation en indicateurs de performance (KPI) mesurables, assortis d’un calendrier d’exécution et d’un mécanisme de reporting accessible à l’ensemble des partenaires. L’objectif est clair : inscrire le FGI Afrique Centrale dans une logique de résultats, de transparence et de redevabilité collective.

2. Ancrer les conclusions dans l’architecture politique régionale

Pour que le changement soit durable, il doit être intégré dans les politiques publiques et porté au plus haut niveau institutionnel. La présence et les orientations du Président de la Commission de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) et du Premier Ministre, chef du Gouvernement de la République du Burundi lors du FGI AC constituent un signal politique fort et une opportunité stratégique majeure.

A ce titre, je m’engage personnellement à porter les conclusions du Forum auprès de la Commission de la CEEAC, la CEA, de l’UA et de l’AF IGF afin de favoriser une harmonisation progressive des cadres législatifs relatifs à l’intelligence artificielle, à la protection des données et à la cybersécurité. Notre ambition est de contribuer à l’émergence d’un marché numérique unique, compétitif et souverain en Afrique Centrale, fondé sur la confiance, l’interopérabilité et la coopération régionale.

3. Investir dans le capital humain et l’innovation locale

Le changement ne se décrète pas uniquement au sommet ; il se construit également à la base. C’est pourquoi nous lançons un Programme de Mentorat Post-FGI destiné aux jeunes leaders et entrepreneurs identifiés lors de cette édition.

La mise en place d’une équipe sous-régionale du FGI Jeunes AC vient structurer et consolider cette dynamique. En connectant nos talents aux ressources de AFRINIC, de ICANN, de Union africaine / Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), de Internet Society (ISOC) et la CEA, nous veillons à ce que l’expertise acquise se traduise en projets concrets sur le terrain, notamment à travers le développement de réseaux communautaires et d’initiatives d’innovation locale.

Par ailleurs, notre initiative de renforcement des capacités à travers le CASIG connaîtra une évolution stratégique, intégrant un dispositif de mise à niveau pour les jeunes experts de la sous-région. Nous travaillons également, avec l’appui de nos partenaires, à la création d’un Prix Sous-Régional des Startups, qui sera célébré à chaque édition du FGI AC afin de valoriser l’excellence, stimuler l’innovation et encourager l’entrepreneuriat numérique.

En définitive, nous passons résolument de la parole à l’infrastructure : infrastructure technique, politique et humaine.

Il est des forums particulièrement importants parce que, outre leurs qualités propres, ils interviennent au moment opportun. C’est le cas du Forum de Bujumbura. Il a présenté avec cohérence et clarté des analyses dont beaucoup ne surprendront pas ceux qui connaissent leurs travaux antérieurs, mais qui sont ici mises en perspective de façon extrêmement convaincante. Et par là même, le FGI Bujumbura permet de mieux comprendre le sentiment de satisfaction que partagent largement aujourd’hui ceux qui réfléchissent sur les questions de gouvernance.

L’Afrique Centrale ne souhaite plus seulement participer au dialogue numérique mondial ; elle entend désormais le structurer, l’influencer et l’illustrer par l’exemple, dans une dynamique de souveraineté, de coopération et de responsabilité partagée.

TIC-Actualités : Merci de votre interview, Monsieur Michel Tchonang Linze.

Michel Tchonang Linze : C’est moi qui vous remercie plutôt et vous félicite de votre travail noble de production d’informations qui participent au changement de comportement des populations pour l’adhésion à l’économie numérique.