Information, analyses et commentaires sur le secteur des technologies de l’information et de la communication

Burundi : le CBETIC protège le futur CV de 125 élèves de l’ECOFO Notre Dame d’Afrique

Vue partielle des élèves, participants à la formation

En bref ::::: In a nutshell

Le 8 mai 2026, le CBETIC a formé 125 élèves de l’ECOFO Notre Dame d’Afrique à l’usage rationnel des TIC. Le formateur Nathan Ntahondi a rappelé qu’au Burundi, 1 jeune sur 2 est sur WhatsApp ou Tic Tok. Conviction CBETIC : « un smartphone sans compétences = une Ferrari sans permis ». Il a enseigné la règle 80/20 pour passer de consommateur à bâtisseur. Il a alerté sur l’e-réputation car « Internet n’oublie jamais », et a appelé à vérifier avant de partager. Aux enseignants : « Occupez le terrain, les réseaux sociaux ne sont pas l’ennemi, l’ignorance oui. »

Le vendredi 8 mai 2026, la grande salle de l’ECOFO Notre Dame d’Afrique à Rohero a acceuilli 125 élèves de 7ème, 8ème et 9ème année pour une formation pas comme les autres. Organisée par le Centre burundais d’expertise en TIC (CBETIC), la séance de renforcement des capacités portait sur l’utilisation rationnelle des TIC, avec un focus sur les réseaux sociaux.

La conviction du CBETIC : donner le mode d’emploi

Pour le CBETIC, le constat est clair : les élèves ont déjà l’outil. Le rôle de l’organisation est de fournir le mode d’emploi. « Un smartphone sans compétences, numériques, c’est une Ferrari sans permis » martèle le centre. A l’ECOFO Notre Dame d’Afrique, les élèves ont la Ferrari. Le CBETIC est venu leur remettre les clés et le code de la route.

Un public ultra-connecté : le point de départ

Le formateur principal, Nathan Ntahondi, a ouvert l’atelier avec un chiffre qui a fait mouche : « Au Burundi, un jeune sur deux à un compte WhatsApp ou TIkTok », il a poursuivi : « Avec Lumitel, Econet ou Onatel, les élèves de l’ECOFO Notre Dame d’Afrique sont connectés au monde. La question n’est donc plus de savoir s’il faut utiliser les réseaux sociaux. La vraie question est : comment les utiliser pour ne pas perdre sa vie à regarder celle des autres ? »

De consommateurs à bâtisseurs du numérique: la règle CBETIC 80/20

Face à une audience captivée, Nathan Ntahondi a lancé un défi : passer de consommateurs à bâtisseurs du numérique. Il a dévoilé la règle 80/20 du CBETIC : 80% du temps sur ton téléphone doit servir à créer, produire et apprendre. 20% seulement pour consommer, scroller, regarder. » Concrètement avant de regarder 4 vidéos drôles, l’élève doit poster 1 contenu utile : une astuce de maths en 60 secondes, un résumé d’histoire en Kirundi, un dessin fait sur Canva. Le téléphone devient donc un atelier mais pas une télévision, a dit Nathan dans son enseignement aux élèves de l’ECOFO Notre Dame d’Afrique.

L’e-réputation : Ton futur CV se joue maintenant

Le moment le plus solennel de la formation fut celui consacré à l’e-réputation. « L’Internet n’oublie jamais » a prévenu Nathan Ntahondi. « Ce que vous avez posté sur les réseaux sociaux à l’âge de 16 ans peut être lu à l’âge de 25 ans. » Il a informé les 125 élèves qu’un stage, une bourse ou un travail peut se perdre à cause d’un mauvais comportement dévoilé par une publication qu’on a faite soi-même. « Tu peux rater un travail à cause de ton propre profil. Il faut protéger ton nom. Ton profil Facebook, c’est ton futur CV. Passerais-le au test de recrutement BRB, par exemple, : oserais-tu le montrer à un banquier pour demander un prêt ? Si non, nettoies-le. » a dit le formateur Nathan.

Vérifier avant de partager : un acte citoyen

Le formateur a ensuite outillé les élèves contre les fake news. « Vérifier avant de partager, c’est se protéger et protéger le pays », a-t-il insisté. En 3 clics : vérifier la source, croiser l’info sur des médias fiables et contrôler la date. Partager un mensonge sur WhatsApp, c’est devenir complice de la désinformation, a dit Nathan.

Message aux enseignants : « occupez le terrain »

S’adressant aux enseignants, présents, Nathan Ntahondi a été catégorique : « les réseaux sociaux ne sont pas l’ennemi de l’école. L’ennemie, c’est l’ignorance », pour lui, interdire les réseaux sociaux à l’école, « c’est comme interdire le cahier sous prétexte que certains élèves y font des dessins. » Il a rappelé une évidence : « WhatsApp, Facebook, TikTok sont déjà dans la poche des élèves. Si les enseignants n’occupent pas ce terrain avec des groupes de devoirs, des rappels pédagogiques, des contenus éducatifs, d’autres l’occuperont avec du vide et des contre valeurs. »

Une ambiance d’adhésion et d’engagement

A la fin, les représentants des élèves ont remercié le CBETIC pour « le permis numérique ». La directrice de l’ECOFO Notre Dame d’Afrique, Kamariza Anne Marie a salué une initiative « qui parle le langage des jeunes » et s’est engagée, au nom de l’école, à poursuivre le partenariat avec le CBETIC pour d’autres formations en faveur des jeunes.