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Burundi : Un tournant pour la régulation des communications électroniques

Alain Ndikumana, ministre en charge de l'Economie numérique

En bref ::::: In a nutshell

Le régulateur des télécommunications burundais (ARCT) devient le véritable chef d’orchestre de la qualité des télécoms au Burundi. Sa mission ne se limite plus à encadrer le secteur : elle doit désormais surveiller en continu la performance des réseaux, vérifier la fiabilité des données fournies par les opérateurs, publier des rapports réguliers pour informer le public et, en cas de manquements, imposer des sanctions. Autant de responsabilités qui placent l’ARCT au cœur de la bataille pour des services de communication plus fiables et transparents. Les opérateurs et fournisseurs d’Internet sont, quant à eux, tenus à fournir à l’ARCT des données fiables et actualisées sur la couverture et la qualité de leurs services.

Le ministre des Finances et de l’Economie numérique, Alain Ndikumana a signé, le 12 février 2026, l’ordonnance ministérielle n°540/1029 qui instaure un cadre réglementaire inédit pour contrôler la qualité de service et l’expérience des usagers des communications électroniques. C’est une avancée majeure qui place l’autorité de régulation et de contrôle des télécommunications au cœur de la surveillance des opérateurs et des fournisseurs d’accès Internet.

Cette ordonnance vise à garantir aux citoyens burundais un accès à des services de communication électronique fiables, performants et conformes aux standards internationaux. Elle encadre la gestion de la qualité de service (QoS) et de la qualité d’expérience (QoE), en définissant des obligations précises pour les acteurs du secteur.

Parmi les missions assignées au régulateur figurent l’assurance du suivi permanent de la qualité des services fournis par les opérateurs. Il devra mettre en place des mécanismes de vérification et de sanction en cas de non-respect des normes. Il devra garantir la transparence des informations sur la couverture et la performance des réseaux pour protéger les consommateurs. Le régulateur est tenu à définir les indicateurs de performance (taux de couverture, débit, latence, taux de coupure d’appel, etc.). Il devra publier régulièrement des rapports sur l’état de la qualité des services. Il devra organiser des campagnes de mesure de terrain pour vérifier la conformité des données fournies par les opérateurs et mettre en place des plateformes numériques pour la collecte et l’analyse des données QoS/QoE.

Les opérateurs et fournisseurs d’Internet sont, quant à eux, tenus à fournir à l’ARCT des données fiables et actualisées sur la couverture et la qualité de leurs services. Ils doivent respecter les seuils minimaux de performance fixés par l’ordonnance et informer les abonnés en cas de perturbations majeures ou de baisse de qualité. Ils doivent collaborer aux campagnes de mesure de terrain et faciliter l’accès aux sites techniques pour les contrôleurs.

Cette ordonnance ministérielle marque une étape décisive dans la régulation des télécommunications au Burundi. En renforçant les obligations des opérateurs et en dotant l’ARCT de méthodologies modernes de contrôle, elle place la qualité de service et l’expérience utilisateur au cœur de la transformation numérique nationale.