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Commune de Bururi : le CBETIC mobilise la communauté éducative locale pour rallumer l’initiative d’acheter un groupe électrogène

Photo de famille des participants à l'atelier

En bref ::::: In a nutshell

Le CBETIC a organisé un atelier de renforcement des capacités avec les parents, directeurs et partenaires du Réseau scolaire de Kajabure pour résoudre le problème des 15 ordinateurs inutilisés depuis deux ans, faute d’électricité. Cette organisation non gouvernementale encourage l’initiative locale d’acheter un groupe électrogène en passant par la création d’un comité de gestion, de collecte des fonds, l’installation de ce groupe et l’utilisation de ces ordinateurs. Les participants à cet atelier ont été tous unanimes à l’achat de ce groupe électrogène dans les plus brefs délais.

Le Centre burundais d’expertise en technologies de l’information et de la communication (CBETIC) en collaboration avec l’administration locale a organisé, le jeudi 16 avril 2026 à Kajabure, un atelier de renforcement des capacités à l’intention des parents, des directions d’écoles et de tous les partenaires à l’éducation du Réseau scolaire de Kajabure. L’objectif était de mettre en avant la participation locale pour résoudre un problème qui bloque l’apprentissage de l’outil informatique depuis plus de deux ans.

TIC : un levier indispensable pour l’éducation

Lors de l’ouverture de cet atelier, le fondateur du CBETIC, Nathan Ntahondi a rappelé l’importance de l’apprentissage des outils TIC à l’école. « Savoir utiliser un ordinateur aujourd’hui n’est plus un luxe, c’est une compétence de base. Les TIC améliorent la qualité de l’enseignement, ouvrent les élèves au monde et préparent les jeunes au marché de l’emploi », a-t-il souligné dans sa présentation. Il a également évoqué les défis notamment le manque d’infrastructures, d’énergie et de formation. Toutefois, Nathan a révélé les opportunités à exploiter notamment la motivation des enseignants, l’appui des partenaires et la volonté des parents de voir leurs enfants réussir.

Quinze ordinateurs immobilisés depuis plus de deux ans

Le Réseau scolaire de Kajabure composé de dix écoles, a reçu, du ministère de l’Education nationale et de la recherche scientifique, il y a plus de deux ans, 15 ordinateurs destinés à servir de sources pédagogiques. Pourtant, ces machines n’ont jamais fonctionné à cause du manque de courant électrique pour les alimenter. C’est un blocage qui a privé des centaines d’élèves d’un outil d’apprentissage essentiel, a souligné Nathan dans sa présentation.

Le problème et la solution proposée

Face à cette situation, l’orateur a encouragé la solution d’achat d’un groupe électrogène pour alimenter ces ordinateurs. « On ne peut pas attendre indéfiniment l’arrivée du réseau électrique. Il faut agir avec les moyens disponibles pour que ces ordinateurs servent enfin aux enfants », a expliqué Nathan Ntahondi.

Les étapes à suivre pour concrétiser le projet

Pour passer de l’idée à l’action, Nathan a présenté une feuille de route claire, basée sur la participation de tous, notamment la mise en place d’un comité de gestion de ce projet, composé de parents, d’enseignants, de directeurs et des représentants de la communauté pour garantir la transparence et le suivi. Il faut aussi collecter les fonds nécessaires à travers la mobilisation des natifs, les partenaires, l’administration locale et les amis de l’éducation pour acheter le groupe électrogène. Dans cette feuille de route, Nathan évoque l’installation de ce groupe électrogène qui doit tenir compte d’un bon critère de choix de son emplacement sécurisé dans une école du réseau et assurer une installation conforme. Enfin, le présentateur parle du début de l’utilisation de ces ordinateurs qui devra partir de la formation des enseignants, l’établissement d’un calendrier d’accès pour les dix écoles et le lancement des premiers cours d’initiation à l’informatique.

Une démarche participative saluée

Au-delà de la question technique, la rencontre a pris la couleur d’un véritable engagement collectif pour l’éducation des enfants. Après l’ouverture des débats, la journée a été marquée par les interventions des responsables religieux et des acteurs de l’éducation présents, qui ont tous salué l’initiative d’acheter un groupe électrogène pour faire fonctionner les ordinateurs mis à la disposition du Réseau scolaire de Kajabure. Le prêtre Donatien Bacinoni a pris soin de ne pas y aller par quatre chemins : « Ne pas savoir utiliser les outils TIC, c’est comme être sourd-muet dans une cérémonie où tout le monde échange la parole. On est présent, mais on ne peut ni entendre ni se faire entendre ; on ne peut pas être délégué, on reste à l’écart des échanges qui comptent ».

Il a ensuite illustré son propos par plusieurs exemples concrets : un élève qui ne maîtrise pas l’ordinateur ne peut pas faire des recherches, rédiger un devoir, communiquer avec d’autres écoles où accéder aux ressources en ligne qui sont devenues la norme. Il a rappelé que les enseignants, les parents et les futurs cadres du pays doivent maîtriser ces outils pour ne pas être exclus du monde actuel. Fort de ses constats, il a conclu son intervention en conseillant vivement aux participants de procéder sans tarder à l’achat du groupe électrogène, afin que les 15 ordinateurs du Réseau scolaire de Kajabure ne restent plus inutilisés et que les enfants puissent enfin apprendre avec les moyens de leur temps.

Le curé de la Paroisse de Bururi, l’abbé Yves Bonté Musengo, a pris la parole pour souligner que l’éducation est une mission de toute la communauté.  Il a insisté sur la nécessité d’inscrire chaque enfant à l’école : « Ces enfants sont les cadres de demain du pays. Ils doivent apprendre, persévérer et réussir dans divers domaines. Nous ne pouvons pas laisser des outils aussi précieux rester inutilisés. » Le chargé de l’inspection au sein de la direction communale de l’enseignement à Bururi, Côme Bigirimana qui a représenté le DCE Bururi dans cet atelier, a salué et encouragé la démarche de tous les intervenants présents avant de promettre l’accompagnement de l’administration scolaire dans la concrétisation de l’initiative d’achat du groupe électrogène. Pour lui, l’achat du groupe électrogène n’est pas seulement une solution technique, c’est un acte de justice envers les élèves qui méritent d’accéder aux TIC.

Les parents et directeurs d’écoles, encouragés par ces prises de position, ont exprimé leur volonté de s’impliquer activement dans la collecte des fonds et le suivi du projet. Le chef de la colline Kiganda, Ernest Niyokwizera et le directeur du lycée communal de Kajabure et président de ce Réseau scolaire, Joachim Nsengiyumva qui ont facilité la réussite de cet atelier, ont été tous félicités de leur encadrement citoyen qui les caractérise.

Clôturant les travaux de cet atelier, Nathan Ntahondi a remercié tous les participants pour leur contribution, rappelant que cet celui-ci doit servir de base à l’action collective : faire sortir les 15 ordinateurs de l’ombre et les mettre au service de l’apprentissage.